Collectivités : comment remettre l'église au centre du village ?

Mis à jour : il y a 7 jours


Dans cet article, Hephata aborde une question phare pour les collectivités : comment remettre l'église au centre du village ?





L’article en bref :

  • État des lieux des églises en France

  • Besoins identifiés

  • Quelques solutions recensées

Un état des lieux des églises en France


Un bref rappel pour qui aurait oublié ses leçons d’histoire !

La loi de séparation de l’église et de l’état en France en 1905 régule la propriété des églises. Celles construites avant 1905 appartiennent désormais aux communes, celles qui ont été construites après appartiennent aux diocèses. Ainsi, la France compte 40 307 églises et chapelles appartenant à des communes, et 1 951 églises qui appartiennent à des diocèses, l’Etat prenant directement à sa charge les cathédrales. En somme, 42 258 églises et chapelles parsèment la France … et autant d’enjeux de territoire.

L’âme d’un village, c’est son église ! Il s’est construit matériellement et spirituellement autour d’elle. L’église procure une identité géographique (il suffit de repérer le clocher pour trouver le cœur du village, c’est une valeur sûre dans un endroit inconnu). Elle sonne encore, parfois, le rythme d’une journée, et matérialise un lieu de solidarité. C’est là où l’on se rassemble. Longtemps, elle a tenu le rôle d’un lieu de lien social, de rencontres.

Aujourd’hui, les églises sont de moins en moins utilisées par les paroissiens, et coûtent cher à entretenir … Si le monument règne toujours au centre du village, son rôle n’est plus si évident. Vandalisme, manque d’entretien, vétusté … les habitants et élus se posent légitimement la question de maintenir l'église vide. Les responsabilités qui incombent aux collectivités sont lourdes, car elles doivent administrer leurs ressources à partir d’une partie des impôts locaux, et les charges inhérentes à la gestion et à la restauration des églises sont importantes. Faut-il raser, rénover, vendre? Que faire d’une église vide ?

Depuis 1905, 255 églises désaffectées ont été vendues.

C’est d’ailleurs le cas à Rouen, surnommée « la ville aux 100 clochers » depuis le poème d’Hugo. L’appellation a de quoi faire rougir les marseillais, puisque la ville compte en fait 38 clochers, églises et chapelles confondues.

Toujours est-il que les paroissiens se font rares, et que certaines églises sont vides. La ville lance alors des appels à projet pour redonner de la vitalité à ces lieux chargés d’histoire.

Les églises Saint Nicaise, Saint-Pierre-du-Chatel et Sainte-Croix-des-Pelletiers ont vu une vingtaine de porteurs de projets s’intéresser à leur cas. École du cirque, escape Game, halle gourmande … les propositions se multiplient et la ville renouvelle l’expérience avec l’église Saint Paul.




Besoins identifiés :

A l’instar de la ville de Rouen, de nombreuses collectivités s’interrogent. Comment faire vivre le patrimoine religieux ?


L’entretien du patrimoine, et notamment des églises, chapelles, calvaires … peut vite devenir un gouffre financier. Pourtant, de nombreuses associations se battent pour leur préservation et leur restauration. L’attachement des habitants à ces lieux qui font leur village est certain.


Ainsi, comment faire pour :

- Conserver ces lieux emblématiques et de rassemblement

- Justifier les coûts d'entretien et dépenses associées

- Utiliser l’église comme lieu de lien social, rencontres, rôles qu'elles avaient autrefois, permettant de redynamiser le cœur de village

- Générer des revenus ou du moins équilibrer les charges et les revenus





Solutions

Financements privés, aides publiques, activités possibles, … Hephata vous apporte des solutions dans ses ateliers et formations issus d’une veille nationale et internationale sur les pratiques autour des lieux cultuels et du patrimoine bâti religieux.


Atelier valoriser son église

Atelier Valoriser et développer des activités dans une abbaye

Il faut se former à la recherche de financements et faire un tour d’horizon des usages des églises en France.

En attendant, voici quelques idées et exemples pour animer votre église.

En conservant leur sacre, vous pouvez tendre vers un « usage partagé » de l’intérieur de l’édifice ; à la fois culturel et cultuel. Les églises accueillent des manifestations culturelles et artistiques de qualité.

Quelques initiatives ont été lancées à ce sujet, comme la nuit des églises par le département Art Sacré de la Conférence des évêques de France. Il s’agit d’ouvrir son église le temps d’une soirée à des manifestations telles que des installations touristiques, des visites nocturnes, etc. Chaque année, près de 500 églises se prêtent au jeu.



Vous pouvez aussi ouvrir votre église aux visites lors des journées du patrimoine. Un guide et quelques explications historiques seront très attrayants pour un public avide de découvertes !

Certaines églises ont pris le tournant du télé-travail et veulent se mettre à la page en créant des espaces de co-working. C’est le cas de l’église Saint Honoré d’Eyleau à Paris, qui met sa salle paroissiale à disposition ou de la chapelle Mondésir à Nantes, qui a perdu sa vocation religieuse au profit des travailleurs.



Désacralisée ou sacralisée, une église peut aussi se faire l’hôte de concerts. C’est le cas de l’église Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à Hirson (à deux heures de Lille) qui a été rachetée par Kit Armstrong, un pianiste de renommée mondiale. Il le dit lui-même : « Ce sont des lieux d'une grande valeur intellectuelle et culturelle, pleins d'histoire et d'émotion. La musique y est transcendée, grâce aussi à une parfaite acoustique. » N’est-ce pas une voix à écouter pour lancer un programme de concerts dans votre église ? Vous retrouverez la vocation de rassemblement de votre clocher, et justifierez une quête plus conséquente.



D’autres églises ont été désacralisées et consacrées à des usages totalement différents. Il n’est pas isolé de voir des cas d’églises reconverties en logements.



Conclusion


Ranimer ou transformer le patrimoine religieux est un véritable enjeu pour les collectivités, qui peinent à trouver un équilibre entre la charge intrinsèque au monument et son usage par les habitants. Grâce à sa veille permanente sur le patrimoine, l’accompagnement à la recherche de financement et la réalisation de missions pour des lieux religieux, Hephata propose dans ses ateliers des pistes, méthodes et outils pour réhabiliter ce patrimoine.